Afrique du Sud/ Kemi Seba : L’audience d’extradition de l’activiste annulée, voici la raison

by Freddy Roger Amegnignon

Afrique du Sud/*Kemi Seba:

L’audience d’extradition de l’activiste annulée, voici la raison

La justice sud-africaine et les intempéries auront eu raison du calendrier. Prévue ce mardi 11 août 2026, l’audience décisive sur l’extradition de Kemi Seba vers le Bénin n’a pas pu se tenir. Une coupure de courant dans la prison de Pretoria a bloqué l’extraction du détenu. L’activiste panafricaniste, incarcéré depuis le 13 avril, devra donc patienter jusqu’au 23 septembre. Un nouveau report qui prolonge l’incertitude autour d’un dossier déjà hautement inflammable.

Une audience annulée à la dernière minute

À Pretoria, la routine judiciaire a été contrariée par la météo. Ce mardi 11 août, le tribunal devait se prononcer sur la demande d’extradition formulée par Cotonou à l’encontre de Stellio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kemi Seba.

Finalement, le prévenu n’a pas comparu. Selon les informations de BIP Radio, une panne générale d’électricité, causée par de violentes intempéries, a empêché l’administration pénitentiaire de procéder à l’extraction du détenu de sa cellule et d’assurer son transfert vers le palais de justice.

Conséquence : le juge a purement et simplement renvoyé l’affaire au 23 septembre 2026. Quatrième report depuis l’arrestation du militant le 13 avril dernier dans la capitale administrative sud-africaine.

Double étau judiciaire autour de l’activiste

Depuis près de quatre mois, Kemi Seba est détenu dans l’attente de deux procédures distinctes qui s’entremêlent.

Sur le plan interne, les autorités sud-africaines le poursuivent pour séjour irrégulier et tentative de sortie clandestine du territoire en direction du Zimbabwe. Il avait été interpellé avec son fils et un ressortissant sud-africain, François Van Der Merwe, en possession de documents jugés non conformes.

Sur le plan international

le Bénin réclame son extradition. Cotonou le poursuit pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et « incitation à la rébellion », des chefs d’accusation liés à la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. Deux mandats d’arrêt internationaux avaient été émis, l’un en juin 2025, l’autre en décembre.

Jusqu’ici, toutes les demandes de mise en liberté sous caution ont été rejetées par la justice sud-africaine, au motif du risque de fuite.

Un dossier qui s’enlise, des tensions qui montent

Au-delà de l’incident technique, ce nouveau renvoi illustre la complexité d’un dossier à forte charge politique. Pour le Bénin, il s’agit d’obtenir le transfèrement d’un opposant jugé dangereux. Pour Pretoria, il faut arbitrer entre obligations juridiques et implications diplomatiques.

L’avocat de Kemi Seba, Me Bill Kobras, rappelle que même en cas d’avis favorable du tribunal, l’extradition ne pourra intervenir qu’après validation du pouvoir exécutif sud-africain.

Entre temps, le militant panafricaniste, déchu de la nationalité française en 2024 et détenteur d’un passeport diplomatique nigérien, reste derrière les barreaux. Sur les réseaux sociaux, ses partisans dénoncent déjà une « justice à deux vitesses ».

Le 23 septembre, la cour devra donc reprendre l’examen au fond. D’ici là, Pretoria gagne encore quelques semaines, et le Bénin reste en attente.

Pauline Gakli

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