Diplomatie: Après Kagamé, le président béninois s’invite chez Sassou

by Freddy Roger Amegnignon

DIPLOMATIE:

Après Kagame, le président béninois s’invite chez Sassou

En 48 heures, deux capitales, deux poids lourds du continent. Au lendemain de son tête-à-tête très médiatisé avec Paul Kagame à Kigali, Romuald Wadagni a atterri jeudi 17 septembre 2026 à Brazzaville pour une rencontre au sommet avec Denis Sassou-N’Guesso. Une offensive diplomatique éclair qui dessine les contours de la nouvelle doctrine extérieure du Bénin.

La séquence est millimétrée. Et elle en dit long sur les ambitions de Cotonou.

Jeudi 17 septembre 2026, l’aéroport international Maya-Maya est en effervescence. Le président béninois Romuald Wadagni, tout juste sorti de sa visite officielle de deux jours au Rwanda, foule le tarmac congolais. À sa descente d’avion, un hôte de marque l’attend en personne : Denis Sassou-N’Guesso. L’image est forte. Le doyen de l’Afrique centrale accueille l’un des plus jeunes chefs d’État du continent.

Place ensuite à un tête-à-tête confidentiel, loin des caméras. Selon les éléments officiels, les deux hommes ont longuement échangé sur « les relations entre le Bénin et la République du Congo ainsi que sur des questions d’intérêt commun ».

Ambiance cordiale, formules consacrées sur « les liens d’amitié » et « les perspectives de coopération », mais aucun communiqué détaillé n’a filtré. À ce stade, aucune signature d’accord ni annonce de partenariat concret n’a été rendue publique, signe que l’on est davantage dans le déminage politique que dans le contrat ferme.

Cette rencontre n’est pas anodine. Elle intervient quelques mois seulement après l’investiture de Romuald Wadagni à la présidence du Bénin, une cérémonie à laquelle Denis Sassou-N’Guesso avait dépêché sa représentante personnelle, Françoise Joly. Un geste hautement diplomatique que Cotonou n’a pas oublié.

Après Kigali où il a été question de tourisme, d’investissement et de devoir de mémoire, cap sur Brazzaville. En enchaînant Paul Kagame et Denis Sassou-N’Guesso en 48 heures, Wadagni imprime sa marque : celle d’une diplomatie de mouvement, décomplexée, qui parle à l’Est comme au Centre, et qui veut faire du Bénin un pont entre les deux Afriques.

Reste désormais à transformer ces poignées de main en projets tangibles.

Freddy Roger Amegnignon

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