Niger: Le journaliste Moussa Kaka, toujours introuvable

by Freddy Roger Amegnignon

NIGER:
Le journaliste Moussa Kaka, toujours introuvable

Figure de la presse nigérienne, Moussa Kaka, directeur de Radio-Télévision Saraounia, a disparu le 31 août au soir à Niamey. Sa disparition survient 48 heures après la mutinerie avortée du 29 août. RSF, « préoccupée », réclame l’ouverture immédiate d’une enquête aux autorités de la junte.

L’inquiétude grandit au Niger. Moussa Kaka, directeur général de Radio-Télévision Saraounia, RTS, et ancien correspondant de RFI, est porté disparu depuis le lundi 31 août 2026 vers 19 heures.

Selon RSF, le journaliste a quitté son bureau situé dans le centre de Niamey pour regagner son domicile. Il n’y est jamais arrivé. Depuis, ni sa famille ni ses collègues ne parviennent à le joindre. Son véhicule serait également introuvable.

Une disparition en pleine tension politique

Le timing ravive les interrogations. La disparition du journaliste intervient deux jours après la mutinerie du 29 août qui a secoué la capitale pendant près de 24 heures. Le régime du général Abdourahamane Tiani dit l’avoir réprimée avec l’appui des forces russes d’Africa Corps.

« La disparition de Moussa Kaka, journaliste de renom, est particulièrement préoccupante, alors que le Niger traverse une nouvelle période de fortes tensions politiques et sécuritaires après la tentative de coup d’État du 29 août dernier », a déclaré Sadibou Marong, directeur du bureau Afrique subsaharienne de Reporters sans frontières, RSF.

L’ONG a demandé aux autorités nigériennes « d’ouvrir immédiatement une enquête afin de le retrouver et d’établir sans délai les circonstances de sa disparition ». Aucune communication officielle n’a pour l’heure été faite sur son sort.

Un journaliste sous surveillance

Moussa Kaka n’en est pas à son premier démêlé avec le pouvoir. Figure respectée, il a dirigé le bureau de RSF au Niger de 2002 à 2008 et a été correspondant de RFI jusqu’en 2023, année de la suspension du média par la junte.

En octobre 2025, il avait déjà été interpellé avec deux confrères pour « complicité de diffusion de document de nature à troubler l’ordre public ». Il avait été remis en liberté provisoire.

Son profil de « journaliste de réseaux », avec des contacts dans l’armée, la société civile et chez les rebelles touareg, rend sa disparition d’autant plus sensible dans un contexte où la junte accuse régulièrement des ingérences étrangères.

Pour l’heure, aucune piste n’est privilégiée officiellement. Mais une source journalistique évoque « la piste de l’enlèvement par les services de sécurité du pays ».
Freddy Roger Amegnignon

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