Cameroun: »Paul Biya va bien », René Sadi brise le silence et éteint l’incendie de la vacance du pouvoir

by Freddy Roger Amegnignon

CAMEROUN :
« Paul Biya est vivant » : René Sadi brise le silence et éteint l’incendie de la vacance de pouvoir.

Après près de deux mois d’absence et un crescendo de rumeurs, Yaoundé a dégainé. Dimanche 2 août 2026 sur RFI, René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a tranché : Paul Biya est « en vie », n’a « pas démissionné » et son retour au Cameroun est « très bientôt ». Un démenti ferme pour éteindre les appels de l’opposition à constater une vacance du pouvoir.

Par Freddy Roger Amegnignon de la Rédaction Politique

Le mutisme ne pouvait plus durer. Parti pour ce qui devait être un « court séjour privé en Europe », Paul Biya, 93 ans, ne s’était plus montré à Yaoundé depuis des semaines. Assez pour que les spéculations s’emballent, entre clinique supposée à Genève, décrets signés à distance et exigences de transparence.

Face à la pression, le pouvoir a choisi la voix la plus autorisée.

« Le président est en vie, Point »

Invité sur l’antenne de Radio France Internationale ce dimanche 2 août 2026, René Emmanuel Sadi a voulu recadrer le débat. Sans détour.

« Le président Paul Biya est en vie. Le président Paul Biya n’a pas démissionné », a-t-il martelé.

Le porte-parole du gouvernement a balayé les rumeurs d’hospitalisation en Suisse. Il a aussi botté en touche sur la date exacte du retour :

_« Je ne peux pas vous dire avec exactitude quand est-ce que le président Paul Biya revient. Et même si je le savais, il ne m’appartient pas de l’annoncer ici. Je peux au moins me permettre de vous dire qu’il revient très bientôt ».

Yaoundé renvoie l’opposition à la Constitution

Au-delà du bulletin de santé, c’est la question institutionnelle qui cristallise les tensions. Des figures de l’opposition réclament depuis plusieurs jours la « constatation de la vacance du pouvoir ».

Réponse du ministre : un rappel à l’ordre juridique.

« Les figures de l’opposition qui réclament à cor et à cri une constatation de la vacance du pouvoir à la tête de l’État devraient, me semble-t-il, avoir une lecture de la Loi fondamentale qui soit plus rigoureuse et plus objective. Une lecture qui colle à la lettre et non pas qui procède d’une interprétation manifestement biaisée », a-t-il lancé.

Et d’ajouter, en référence à l’article 6 de la Constitution : seul le Conseil constitutionnel peut se prononcer. Or, « le Conseil constitutionnel ne s’est pas prononcé pour déclarer une vacance du pouvoir à la tête de l’État ».

Un pays en apnée

L’intervention de René Sadi met un terme provisoire à 60 jours de flou. Mais elle ne dissipe pas toutes les interrogations. Dans un pays dirigé par le même homme depuis 1982, chaque absence prolongée du chef de l’État devient un test de résilience institutionnelle.

Sur les réseaux sociaux, la réplique n’a pas tardé. Entre ceux qui dénoncent « la verticale médiocre du pouvoir » et ceux qui proclament déjà un _« président élu de Facebook », le Cameroun retient son souffle.

En attendant le retour _« imminent »* annoncé par Yaoundé, une certitude : la succession, même évoquée à voix basse, est désormais au cœur de la vie politique camerounaise.

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