VO/Adzinukuzan 2026 :
Le comité ad-hoc dans la tourmente à 14 jours de la fête
À deux semaines du 29 août, la 40e édition d’Adzinukuzan est secouée. Alors que le comité ad-hoc promet une célébration « en pompe », il se heurte à une réalité implacable. Selon des sources concordantes, un triple blocage se profile déjà : dialogue rompu, mobilisation financière au point mort et absence de réseau. En toile de fond, des accusations fantaisistes de sabotage, la recherche du bouc émissaire qui divisent les fils et filles de la préfecture de Vo.
Le compte à rebours est lancé pour la 40e édition de la fête traditionnelle des peuples Ouatchi de Vo. Mais à l’approche du 29 août 2026, l’euphorie cède la place aux interrogations.
Depuis quelques jours, des informations circulent faisant état de difficultés majeures dans l’organisation. Dans une émission de grande écoute sur une radio à Lomé, l’ancienne équipe d’organisation a été pointée du doigt. On lui reproche une supposée mauvaise gestion lors des 38e et 39e éditions, ce qui aurait motivé son éviction par les garants des us et coutumes.
Pire, elle est accusée de porter entrave à la 40e édition : blocage présumé des comptes bancaires de la fête et pressions exercées sur les sociétés sponsors pour qu’elles se désengagent.
Des accusations sans preuves fermement rejetées par les intéressés.
1. Le dialogue rompu, premier handicap
Selon des informations de sources concordantes et dignes de foi, la première difficulté tiendrait à l’absence de travail commun.
L’ancienne équipe aurait proposé une collaboration inclusive impliquant tous les fils et filles de la préfecture pour la réussite du 40e anniversaire. Une démarche restée lettre morte.
Le comité ad-hoc aurait fait le choix de la gestion en solo, estimant que l’équipe sortante, ayant « échoué dans sa mission », n’avait plus légitimité à s’impliquer.
« Comment peut-on exclure un natif de Vo qui veut apporter sa pierre à l’édifice ? Ce n’est pas au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle. Les textes ne prévoient-ils pas que l’ancienne équipe devienne d’office conseiller ? »_, s’interroge un cadre proche de l’ancienne équipe, sous couvert d’anonymat.
2. Des caisses qui peinent à se remplir
Deuxième écueil : l’argent. La mobilisation des partenaires financiers serait « dérisoire ».
Le problème viendrait d’un vide administratif. Faute de passation de service formelle, le comité ad-hoc aurait du mal à justifier sa légalité devant les institutions bancaires et les grandes sociétés. Or, ces institutions exigent, comme à l’accoutumée, la mise à jour des instances avant tout décaissement ou sponsoring.
Résultat : les portes restent closes.
« Nous n’avons aucun intérêt à bloquer les comptes bancaires de la fête d’Adzinukuzan. Les comptes restent toujours ouverts », rassure une source proche du dossier.
3. Un carnet d’adresses à reconstruire
Troisième point noir : le réseau. L’organisation d’Adzinukuzan repose en grande partie sur un capital relationnel bâti au fil des éditions.
Privé de ce carnet d’adresses et de ces relais auprès des sponsors, le nouveau comité se retrouve isolé. Un déficit qui handicape sérieusement la recherche de fonds et de soutiens.
« Ayant refusé une collaboration inclusive, le comité ad-hoc doit miser sur ses propres relations pour convaincre les sponsors. L’ancienne équipe ne s’est mêlée ni de près ni de loin dans cette affaire. En tout cas nous souhaitons plein succès à la 40e édition », ajoute la même source.
L’URGENCE D’APAISER
Face à cette guéguerre qui crispe la préfecture, les cadres de Vo montent au créneau.
« Nous sommes tous natifs de Vo. Œuvrons pour la paix et la cohésion sociale. Ces divisions ne feront que nous fragiliser davantage », lance l’un d’eux.
Il appelle également les chefs traditionnels à jouer leur rôle d’ »artisans de paix » plutôt que de prendre parti ou d’attiser la vindicte populaire contre un camp.
À deux semaines du jour J, l’enjeu n’est plus de chercher des responsables, mais de sauver la 40e édition. Les fils et filles de Vo n’attendent plus que des actes concrets pour que la fête retrouve tout son éclat.
Par Freddy Roger Amegnignon*
