Ahépé/ Une maman vodou bénit la soutane de son fils séminariste: L’amour d’une mère qui défie les dogmes

by Freddy Roger Amegnignon

Ahépé/Une maman vodoussi bénit la soutane de son fils séminariste:

L’amour d’une mère qui défie les dogmes

Il y a des images qui valent mille homélies. Ce samedi 19 septembre 2026, en la paroisse Notre-Dame Immaculée de la Médaille Miraculeuse d’Ahépé dans la commune de Yoto2, la cérémonie de prise de soutane, de lectorat et d’acolytat a offert au Togo une leçon magistrale de tolérance. Au centre de l’émotion : l’Abbé Yves et sa mère, Vodoussi assumée dans son indigo traditionnel, venue bénir de sa présence le sacerdoce de son fils.

Ahépé a vécu un moment de grâce suspendu.

Ce samedi 19 septembre 2026, la paroisse Notre-Dame Immaculée de la Médaille Miraculeuse était comble pour l’un des rites les plus solennels de l’Église catholique : la prise de soutane, et la collation des ministères institués de lectorat et d’acolytat. Parmi les élus du jour, l’Abbé Yves, jeune séminariste qui vient d’achever son stage canonique annuel à la paroisse Sanctissima Trinitas de Vogan.

Mais ce n’est pas la liturgie impeccable qui a fait pleurer l’assistance. C’est une présence discrète au premier rang.

Sa mère.

Venue dans sa tenue d’apparat de Vodoussi l’adeptes de la religion traditionnelle, pagne indigo, perles au cou et front ceint – elle n’a pas quitté son fils des yeux. Fière, digne, émue aux larmes, elle l’a accompagné jusqu’à l’autel. Pas en reniant ses ancêtres, mais en les emmenant avec elle dans l’église.

Deux foi(s), un seul amour

L’image est saisissante, presque subversive dans un monde où l’on oppose si facilement le Christ et les Vodoun. Ici, point de conflit. Une mère Vodoussi qui lève les mains pour son fils qui choisit le Christ. Un fils séminariste catholique qui s’agenouille sous le regard bienveillant de celle qui l’a initié à la spiritualité de ses pères.

C’est le Togo dans ce qu’il a de plus beau : ce syncrétisme apaisé, cette cohabitation où la foi de l’un n’efface jamais celle de l’autre. L’Église universelle qui accueille sans juger, et la tradition qui bénit sans maudire.

Il n’y a pas eu besoin de discours. Le message était là, cousu dans le pagne de cette maman.

L’amour d’une mère ne connaît pas de chapelle. Il transcende les dogmes, les soutanes et les couvents. Il est, simplement.

Et ce samedi à Ahépé, il a évangélisé plus que bien des sermons.

Gagnaglo Ablamvi

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