Lacs/ Epé-Ekpé 2026: Agbodrafo vibre aux sons et aux danses de « Ekpanchontchon »

by Freddy Roger Amegnignon

LACS 3/ Epé-Ekpé : Agbodrafo vibre aux sons et aux danses de « EKPANCHONTCHON »

Ce jeudi 10 septembre 2026, Agbodrafo, dans la commune des Lacs 3, s’est parée de ses plus beaux pagnes. À l’occasion de la célébration de Epé-Ekpé, et sa traditionnelle « Ekpanchontchon », la cité lagunaire a vibré au rythme des tambours, des chants et des danses traditionnelles. Une fête ancestrale pour invoquer la paix, la prospérité et la cohésion sociale.

Il est 9h quand les premiers coups de gong retentissent dans les ruelles d’Agbodrafo.

Ce jeudi 10 septembre 2026, la commune des Lacs 3 vit au rythme de « Ekpanchontchon », l’une des plus anciennes manifestations culturelles de la préfecture des lacs célébrée après une semaine de la cérémonie de la prise de la pierre sacrée à Glidi kpodji. Ekpanchontchon est exécutée à Aného et Agbodrafo par les « Elà ».

Vêtus de tenues traditionnelles blanches en majorité les fils et filles de la localité, venus des villages environnants et de la diaspora, ont convergé vers la place centrale du village. Objectif : rendre hommage aux ancêtres et implorer les divinités pour une nouvelle année de paix et d’abondance.

Une danse, une histoire, une identité

« Ekpanchontchon » tire son nom du rythme saccadé des pas de danse qui imitent le mouvement du crabe sur la berge de la lagune. Selon les gardiens de la tradition, cette danse a été instituée il y a plusieurs siècles par les premiers habitants d’Agbodrafo, peuple Mina, pour célébrer la fin des périodes de pêche difficiles et remercier Mawu pour leur protection.

« Ce n’est pas une simple danse. C’est notre mémoire. Quand nous dansons Ekpanchontchon, nous parlons à nos ancêtres », explique un notable du village, canne à la main.

Le cœur de la cérémonie se déroule en 3 temps :

  1. Les libations : A l’aube, les chefs coutumiers et prêtres traditionnels versent de l’eau-de-vie et de la farine au pied de l’arbre sacré pour appeler les esprits.
  2. Le défilé : Des groupes de danse, parés de perles, de cauris et de coiffes en raphia, traversent le village en chantant des hymnes en langue Mina.
  3. *Le grand cercle Sur la place publique, au son des Agbadja et des tchatcha, hommes, femmes et jeunes forment un grand cercle. Les pas sont lents au début, puis s’accélèrent jusqu’à la transe.

La culture comme ciment social

Au-delà du folklore, « Ekpanchontchon » est un moment de retrouvailles. Les autorités locales de la commune des Lacs 3 étaient présentes, aux côtés des chefs de canton et des associations de jeunes.

Pour les autorités communales , cette fête est « un rempart contre l’oubli ». « Nous devons transmettre cela à notre jeunesse. Ekpanchontchon, c’est notre identité, c’est ce qui fait la fierté du village dagbodrafo ».

Des stands d’artisanat, de plats locaux comme le kom et le poisson braisé de la lagune, ont également meublé la journée, attirant visiteurs et touristes.

En fin d’après-midi, les chants se sont tus. Les danses ont cessé. Mais à Agbodrafo, on retient une chose : tant que résonneront les tambours d’Ekpanchontchon, l’âme ne mourra pas.

Freddy Roger Amegnignon

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