TOGO :
Le MCL très remonté contre la flambée des prix du carburant
À la veille de la rentrée scolaire, le MCL monte au créneau piyr dénoncer avec véhémence la nouvelle hausse du prix du carburant.
Le regroupement que dirigé Roméo Olympio s’interroge sur le « timing » choisi par le gouvernement. Entre explosion des prix depuis 2020 et stagnation des revenus, le président du MCL, parle d’un peuple « étranglé » et exige transparence et justice sociale.
La colère gronde. Le MCL n’a pas digéré la nouvelle flambée du prix du carburant.
Dans un communiqué publié ce vendredi 11 septembre 2026, le MCL exprime sa « profonde indignation » face à cette augmentation intervenue à quelques jours de la rentrée scolaire, prévue le 14 septembre 2026. Un choix de calendrier que Roméo Olympio et ses lieutenants jugent « préoccupant » et « injuste ».
« Pourquoi maintenant ? » : Le MCL pointe du doigt le timing
Pour le MCL, la question n’est pas seulement celle de la hausse, mais celle de son moment.
« Même s’il fallait augmenter les prix du carburant, était-il vraiment nécessaire de le faire à ce moment précis ? », s’interroge-t-il. Alors que les familles togolaises sont déjà mobilisées pour payer « les frais de scolarité, les uniformes, les chaussures, les sacs et les fournitures scolaires », cette nouvelle charge apparaît comme une provocation.
Roméo Olympio va plus loin : « Un report de cette mesure à la fin du mois d’octobre aurait-il réellement mis l’État en difficulté ? » Pour le MCL, la réponse est non.
De 425 FCFA à 817 FCFA : +92% en six ans
Au-delà de l’émotion, le MCL brandit les chiffres. Et ils sont implacables.
Le Super sans plomb est passé de 425 FCFA en 2020 à 817 FCFA en 2026, soit une augmentation de près de 92% en six ans. Plus récemment, entre le début de l’année à 680 FCFA et aujourd’hui, la hausse atteint 20,15% en quelques mois.
« Quel salaire a connu une telle progression ? », lance le président du MCL. Pendant que « les revenus des citoyens stagnent, le coût de la vie, lui, explose ». Conséquence : « les familles s’appauvrissent, les travailleurs suffoquent et les jeunes voient leur avenir devenir chaque jour plus difficile ».
Le mouvement rappelle par ailleurs l’effet domino de cette décision. La hausse à la pompe se répercute « immédiatement sur le transport, les marchandises, les services, l’alimentation et les fournitures scolaires ». C’est donc « l’ensemble du pouvoir d’achat des ménages qui est une nouvelle fois frappé ».
Appel à la transparence et à l’exemplarité de l’État
Le MCL dénonce également « le silence et le manque d’explications autour de cette décision ». Pour le mouvement, une mesure qui touche « aussi directement la vie de millions de citoyens » mérite des « explications claires, transparentes et responsables ».
Le regroupement en profite pour interpeller le pouvoir sur ses propres dépenses. « Quelles économies sont faites au sommet de l’État ? », demande Roméo Olympio. « Lorsque le peuple est appelé à se serrer la ceinture, l’État doit lui-même donner l’exemple par la rigueur, la sobriété et la lutte contre les dépenses non prioritaires ».
« Payer ne signifie pas accepter »
Le ton du communiqué est grave. « Oui, nous sommes en colère. Mais nous sommes surtout inquiets, révoltés et profondément préoccupés par l’avenir d’un peuple déjà étranglé par la cherté de la vie », écrit le MCL.
Le mouvement conclut sur une note de défiance : « Nous payons nos 817 FCFA à la pompe, parce que nous n’avons malheureusement pas toujours le choix. Mais payer ne signifie pas accepter. Se taire ne signifie pas approuver. Subir ne signifie pas renoncer à notre droit de questionner ».
Pour le MCL, « le peuple mérite mieux que des sacrifices permanents ». Il mérite « de la considération, de la transparence, de la justice sociale et surtout un véritable respect de son pouvoir d’achat ».
Freddy Roger Amegnignon
